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La ICE aux Etats-Unis, une marche vers la guerre civile ?
Le point sur les violences policières.
Le 25 mai 2020, George Floyd est étouffé à mort dans une rue de Minneapolis dans l’État du Minnesota. Le monde tremble de peur, mais surtout de colère : comment un acte d’une telle violence peut-il être commis ? Les habitants de la ville sont particulièrement traumatisés par cet évènement, et pour eux, l’horreur est de retour depuis quelques semaines. Alors que Renée Good protestait contre la présence de la police de l’immigration devant chez elle, un agent lui tire dessus et elle perd la vie sur le champ. La scène, ayant été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, provoque un nouveau sentiment de colère au sein de la population de la ville. Le jour même, le maire de la ville et le gouverneur du Minnesota ordonnent à l’ICE de s’en aller sous peine de faire venir la Police d’État.
Une situation tendue
Depuis ce triste jour, la répression se fait de plus en plus violente. L’ICE intervient dans les écoles, étouffe presque une femme enceinte à seulement quelques rues de l’endroit où George Floyd a lui-même rendu son dernier souffle.
Alors les habitants de la ville protestent, les adolescents manifestent devant leurs lycées, des barrages sont construits à de nombreux coins de rues, l’ICE est huée partout.
Mais voilà, le président Trump refuse de retirer sa police de l’immigration de la ville, alors la haine monte des deux côtés.
Le gouverneur de l’Etat, ayant déjà exprimé son souhait de voir le départ de l’ICE, finit par mettre à exécution sa menace et envoie la Garde Nationale à Minneapolis.
Un risque de guerre civile apparaît alors : deux entités d’un même pays s’apprêtent à s’affronter. Le monde entier s’affole en réalisant la gravité de la situation. Mais celle-ci entame une désescalade rapidement : le 12 janvier, moins d’une semaine après le décès de Renée Good, Tom Homan (l’émissaire d’immigration du président Donald Trump) fait retirer en partie sa police de Minneapolis avant d’ordonner un retrait total il y a quelques jours.
La situation dans les autres Etats fédéraux
Il est important de se souvenir que les Etats-Unis sont un Etat fédéral, cela signifie que, bien qu’ils soient unifiés sous un seul président, chaque Etat possède ses dirigeants ainsi que sa législation.
Ainsi, bien que l’ICE ait été exclue de l’État du Minnesota, elle est toujours présente dans les autres Etats. Les habitants sont donc terrifiés à l’idée que la police fédérale les arrête. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a même publié une vidéo sur les réseaux sociaux expliquant aux habitants de la ville leurs droits en cas de tentatives d’arrestation.
La situation actuelle
Suite à d’autres évènements similaires, ou d’une violence supérieure, la capacité à gouverner du président Trump a été remise en question par son propre parti. De plus, les élections législatives américaines approchent et les intentions de vote se situent, en majorité, à l’opposition du président. Beaucoup d’électeurs du parti présidentiel ont été intimidés par ces récents évènements et ont, par conséquent, changer d’opinion à son égard.
L’avis de la jeunesse française
Il est actuellement possible de voir sur des réseaux sociaux comme Instagram ou Tiktok des avis de la jeunesse française. La plupart mentionne l’horreur des évènements bien qu’un sentiment de distance rend la chose quelque peu irréelle. D’autres parlent d’un outil d’oppression créé dans le simple but de servir ce qu’ils interprètent comme un racisme sans limite. L’ICE a effectivement été créée il y a plusieurs années à l’occasion des attentats du 11 septembre 2001, eux aussi un véritable traumatisme pour l’entièreté du pays, voire du monde, notamment car les images étaient diffusées en direct à l’international. Des images choquantes de personnes sautant des Tours Jumelles sont par exemple très connues pour leur impact sur la population.
J’ai de plus eu l’occasion de discuter des évènements avec quelques-uns de mes camarades qui décrivent eux-aussi une situation alarmante voire dystopique. Même à des centaines de kilomètres les jeunes Français témoignent leur soutien à leurs homologues américains.
Canelle