Une parution qui interroge
Si les romans de Suzanne Collins sont connus pour une raison, c’est pour leurs messages qui correspondent parfaitement à leur décennie. En effet, Collins souligne qu’elle n’écrit que lorsqu’elle « a un argument à fournir ». C’est pour cela que l’annonce de son dernier roman, faite à peine quelques mois avant les élections présidentielles américaines, interpelle tant. L’autrice aurait-elle peur de quelque chose ? Serait-elle en train de rappeler au reste de la population à quel point l’évènement pourrait faire basculer le pays dans le chaos ? Ces questions font consensus au sein de la communauté de la série.
Nous remarquons aussi que cette annonce est plus qu’étonnante, en effet, le dernier roman de la série, un préquel, était paru plus de quatre ans auparavant et semblait signer la fin de Hunger Games.
Un roman aux multiples facettes d’analyse
Alors que le préquel suit Haymitch, le mentor alcoolique de Katniss dans la série originale, les fans de la série s’attendent à assister à de multiples scènes d’horreur pures que nous sous-entend la première trilogie, ils ne s’attendent pas à la douleur et la tristesse que nous infligent la lecture et le message du livre.
À notre époque où la question de la surveillance et de la manipulation des images diffusées par les médias inquiètent tout le monde, le roman nous décrit les atrocités qui peuvent nous être cachées. L’effet est d’autant plus dur à supporter lorsque les personnages, des enfants, nous rappellent leur jeunesse et leur innocence lors de scènes dramatiques. De la torture psychologique aux mensonges en passant par le populisme, le président Snow terrifie autant les personnages que les lecteurs. Ce dernier est en effet très réaliste en plus de clairement être inspiré par des dictateurs de notre époque comme Kim Jong-Hun ou encore Xi Jinping. Le personnage semble aussi faire référence à des dérives des représentants politiques occidentaux le rendant d’autant plus effrayant aux yeux de la population américaine.
Enfin, il ne va pas sans dire que le roman nous rappelle l’importance de la famille avec des personnages comme les jumelles Merrilee et Maysilee Donner ou encore Beetee et son fils Ampert qui possèdent des relations si fortes qu’elles déchirent le cœur des lecteurs. Si les membres de notre famille peuvent être notre plus grande force, Collins nous rappelle aussi qu’ils sont notre plus grande faiblesse.
Mon avis personnel
Ce livre se rapproche certainement de la perfection et se différencie clairement des autres romans de Suzanne Collins. Les personnages sont touchants et humains soulignant ainsi le fait que les victimes de guerre que l’on peut voir à la télévision possédent eux-mêmes une famille et des amis et qu’ils ne sont pas de simples images, ce qui nous fait nous remettre en question en tant que lecteur. Ne sommes-nous pas parfois des acteurs de ce système ? Ne nous-rapprochons nous pas ce que critique Collins à travers le Capitole ?
Le récit nous emporte dans l’horreur sans fin du personnage, qui, au fil des pages, se perd de plus en plus jusqu’à ne plus se reconnaître et devenir le personnage à la vie et à la santé déplorables que nous présente Katniss dans les romans précédents. Haymitch, âgé de tout juste seize au début du roman, nous montre à quel point la perte d’êtres chers est une expérience des plus destructrices.
La lecture de ce roman peut cependant se montrer compliquée puisque l’horreur de certaines scènes n’est pas recommandée à tous bien que, selon mon opinion, il s’agisse d’une lecture indispensable pour les adolescents se rapprochant de l’âge de voter.
Canelle